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27 mars 2008

Le photographe - Mano Gentil

couverture_le_photographeGentil, Mano, Le Photographe, Ed. Syros, coll Les uns les autres, 2006, 148p.

Résumé: " Je viens de recevoir une lettre du procureur qui me signifie que je suis mandaté pour une exécutions aux Baumettes, mercredi en huit. J'ai entendu parler du gars aux informations, son affaire a fait du bruit. L'ennui c'est qu'on devra aller chercher la bécane samedi parce que Joseph travaille de nuit."

Fin des années 70. Monsieur Humbert est agent commercial chez C.C (Cuirs et Confection) et, une ou deux fois par an, "photographe" lors des exécutions capitales: son rôle consiste à immobiliser le condamné au moment où tombe le couperet de la guillotine. Les quelques jours qui le séparent de la date fatidique sont, cette fois-là comme toutes les autres, l'occasion de préparatifs rituels et minutieux, peut être pour ne pas laisser place au doute dans une existence jusqu'alors sans faille.

Mon opinion: ? Ce roman ne traite pas à proprement dit de la peine de mort, même si le thème est sans cesse présent en filigrane. Ce roman raconte l'histoire d'un homme (commercial d'une société mais également photographe lors des éxécutions de condamnés à mort), et de l'exécution à laquelle il va participer en 1977.
On plonge alors dans l'intimité d'un homme presque comme tout le monde, qui se pose pour la première fois des questions sur la justification de la peine de mort suite à diverses conversations avec sa compagne Nicole (qui est contre la peine capitale) et aux débats qui traversent toute la société française à cette époque.

Dans la première partie du roman, l'auteure nous présente le personnage de Monsieur Humbert: on comprend alors que le métier de photographe est en quelque sorte un "héritage" de son père, lui même chef exécuteur, et ainsi tout le discours qui légitime la peine capitale et par conséquent les personnels qui l'exécutent. Certains passages nous glacent d'effroi tant les arguments invoqués sont dénués de sens et d'humanité. D'autre part, le personnage principal, qui est aussi le narrateur, nous décrit d'une manière si précise et quasi mécanique les détails d'une exécution, le fonctionnement de la "Louisette", la nécessité de la laver après chaque exécution ou encore l'odeur du sang... que le lecteur peut en avoir des hauts le coeur.

Dans la deuxième partie, le personnage est pris de doutes. Il se questionne pour la première fois de sa vie sur la nécessité de la peine capitale, sur le métier de photographe... Il est tourmenté, et ne sait plus quoi penser entre le discours et le souvenir de son père et sa propre conscience.

Ce roman est original par son thème qui n'est pas des plus communs. Bien écrit et construit, ce roman m'a tout de même mise mal à l'aise et je reste perplexe quant à la fin du roman. Je trouve très intéressant le fait de donner la parole à un "bourreau" comme le nomme l'opinion publique, et de plonger dans sa psychologie . Enfin, ce roman nous offre également un autre point de vue sur ce sujet, ce qui est à, mon sens, sa force. Pour vous faire un avis plus tranché que le mien, lisez-le, il en vaut le coup!

PS: Cela vous aura peut être échappé mais ce livre est destiné à la jeunesse. Pour ma part, je pense qu'il peut être lu par des jeunes adultes (lycéens) et des adultes mais moins par des ados plus jeunes, à moins de le proposer en lecture accompagnée. 

Posté par mimienco à 18:51 - Littérature jeunesse - Commentaires [0] - Permalien [#]
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