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09 avril 2008

Les hirondelles de Kaboul - Yasmina Khadra

couverture_les_hirondelles_de_KaboulKhadra, Yasmina, Les Hirondelles de Kaboul, Pocket, Paris, 2004, 147p.

Résumé : "Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne.
Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri.
Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin
encore... "

Mon opinion: très bien. A la lecture de ce roman , le lecteur ne ressort pas indemne! Ce roman est bouleversant! Yasmina Khadra, nous relate l'histoire de  deux couples vivant à Kaboul, ville réduite à des ruines sous le joug des Taliban. La vie à Kaboul est rythmée par les lapidations de femmes, les exécutions publiques, la pauvreté et la tyrannie qu'imposent les Taliban. Les femmes n'ont plus aucun droit, aucune liberté, emprisonnées dans leur tchadri, elles vivent recluses dans leurs maisons, à l'abri des regards. Le quotidien des hommes est jalonné par les brimades dans les rues, la misère et l'ennui. L'auteur nous livre un portrait dure, sans concession de la vie à Kaboul. De cette horreur, émergent des figures de femmes (des hirondelles) qui incarnent l'humanité, l'amour, la révolte dans une société réduite au silence, à la tyrannie, à la violence. L'auteur rend un bel hommage à toutes ces femmes, niées, brisées, privées d'existence. Ce livre est d'une horrible beauté servi par une écriture maîtrisée, musicale et efficace.

Vraiment lisez-le, comme le dit Alexandra Lemasson du Magazine littéraire c'est "un cri déchirant au coeur de la nuit de l'obscurantisme."

Extrait: " A Kaboul, les joies ayant été rangées parmi les péchés capitaux, il devient inutile de chercher auprès d'une tierce personne un quelconque réconfort. Quel réconfort pourrait-on encore entretenir dans un monde chaotique, fait de brutalité et d'invraisemblance, saigné à blanc par un enchaînement de guerres d'une rare violence; un monde déserté par ses saints patrons, livré aux bourreaux et aux corbeaux, et que les prières les plus ferventes semblent incapables de ramener à la raison?"p.27 

Posté par mimienco à 13:12 - Littérature francophone - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Petites boîtes

    On ressort rarement indemne d'un Khadra j'ai l'impression! Je n'ai lu celui-ci mais L'attentat m'avait fait très forte impression.

    Posté par chiffonnette, 10 avril 2008 à 20:47
  • ah, j'avais adoré ce livre, c'est tellement fort et poignant, il m'a fait encore plus d'effet que l'attentat

    Posté par liliba, 26 avril 2008 à 16:24
  • Encore une belle référence qui me semble valoir son pesant de lecture. Merci pour ta critique éclairante, Mimienco

    Posté par sybilline, 03 mai 2008 à 23:29
  • C'est mon préféré...

    Cette déchéance mentale dans laquelle il s'enferme, contraint, forcé de devenir un homme comme "ils" souhaitent, en dépit de tout ; c'est terrible.

    La scène de la lapidation m'a beaucoup remuée.

    Posté par lafemmedessteppe, 11 novembre 2009 à 22:16

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