28 novembre 2009
Les belles choses que porte le ciel - Dinaw Mengestu
Mengestu, Dinaw, Les belles choses que portent le ciel, Le Livre de Poche, 2009, 281p. Traduit de l'anglais (États Unis) par Anne Wicke.
4ème de couverture: Le jeune Sépha a quitté l'Ethiopie dans des circonstances dramatiques.
Des années plus tard, dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d'amertume qui leur tient lieu d'univers et de repères. Mais l'arrivée dans le quartier d'une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser cet équilibre précaire... Un premier roman brillant et sensible par un jeune écrivain américain d'origine éthiopienne
Je remercie vivement Suzanne du site Chez les filles pour m'avoir offert ce livre!
Mon opinion: pas mal. Propriétaire d'une petite épicerie dans un quartier populaire de Washington, Sépha, jeune éthiopien ayant fui son pays pour trouver exil aux États Unis,vit une vie morose mais paisible avec deux de ses amis Joseph et Kenneth (eux mêmes immigrés). Le narrateur (Sépha) nous raconte donc son quotidien, rythmé par les trop rares clients de la boutique et les petites réunions entre amis. Sépha subit plus sa vie qu'il ne la vit, englué dans les difficultés sociales que connaissent les immigrés, la nostalgie et les désillusions du rêve américain. Sans trop d'espoir, Sépha se laisse entraîner dans une sorte de léthargie qui le tire de plus en plus vers le fond. Un jour, une jeune femme blanche (Judith) et sa fille métisse (Naomie) emménagent dans une maison voisine de l'épicerie. Sépha se lie d'amitié pour la petite fille et éprouve des sentiments pour Judith. Un début de liaison naît entre Sépha et la nouvelle venue redonnant à ce dernier courage et joie de vivre. Mais très vite les barrières sociales se mettent en travers de leur chemin.
J'ai été quelque peu déçue par ce roman. Certes l'auteur aborde des sujets intéressants dans son roman comme l'intégration des personnes immigrées, les difficultés sociales qu'elles rencontrent, les discriminations, les désillusions sur un pays souvent perçu comme un eldorado... Mais j'ai trouvé que les personnages manquaient véritablement de profondeur. Je me suis lassée du personnage de Sépha qui fait preuve durant le roman d'une nonchalance, d'une léthargie agaçante. D'autre part, les personnages secondaires m'ont semblé caricaturaux, sans nuance. L'intrigue et l'écriture sont agréables, fluides mais pour ma part l'absence de personnages plus complexes a fait que je n'ai pas totalement accroché à ce roman.
25 septembre 2008
De Niro's Game - Rawi Hage
Hage, Rawi, De Niro's Game, Editions Denoël, 2008, 267p.
4ème de couverture: Liban, début des années 1980.
Campé dans un Beyrouth dévasté par les bombes, De Niro's Game est une odyssée chaotique, écorchée et haletante, une plongée vertigineuse au cœur de la guerre civile et de ses folies. A Beyrouth-Ouest, Bassani et Georges, deux amis d'enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre à coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirées trop arrosées. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine.
Les filles sont inaccessibles, muselées par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycée engagés dans la milice, les deux jeunes gens s'imaginent coulant des jours meilleurs : Bassam rêve de fuir à l'étranger, et Georges, lui, se sent de plus en plus attiré par les discours belliqueux de la milice chrétienne. Dans un ultime défi, les deux amis décident de détourner la recette de la salle de jeu où Georges travaille.
Mais l'argent seul suffira-t-il à les éloigner de la guerre et à sauver leur amitié ? Porté par une écriture sans concessions, le premier - roman de Rawi Hage annonce, au-delà de la puissance du récit, l'avènement d'une nouvelle voix.
Mon opinion: Comme de nombreux blogueurs les Editions Denoël et le site Chez les Filles.com m'ont gentiment offert ce roman, et je les en remercie!
Par contre, alors que toute la blogosphère rend hommage à ce roman qualifé de roman bouleversant, époustouflant et j'en passe... je me sens un petit peu seule dans ce déluge de compliments dans lequel je ne me reconnais pas du tout car je n'ai pas du tout aimé ce roman!
Certes c'est un roman qui ne laisse pas indifférent tant du point de vue de l'intrigue (le désastre de la guerre à Beyrouth, l'amitié, la difficulté de vivre sa jeunesse dans un contexte marqué par la mort, la destruction, la pauvreté...) que de l'écriture, une écriture sans fard, percutante.
Et pourtant je n'ai pas du tout accroché, au point même que je me suis forcée à le finir pour voir si je ne changeais pas d'avis jusqu'aux dernières pages.
Et bien non. D'une part, j'ai vite été lassée de l'écriture de l'auteur que j'ai trouvé sans poésie, sans finesse, sans nuance. Bien sûr c'est un roman qui relate un contexte de guerre et je ne m'attendais pas à être confronter à une écriture mièvre ou je ne sais pas quoi. Mais je pense également qu'un sujet difficile, très violent peut se traiter avec une écriture fine, juste, poétique tout en transmettant de l'émotion, de l'horreur, de la violence.
D'autre part, l'intrigue ne m'a pas tenue en haleine même si certains évènements étaient intéressants. Pour finir, j'ai trouvé que la troisième partie n'était pas du tout à sa place tranchant avec les deux premières parties du roman, de même que les métaphores historiques utilisées tout au long de cette partie finale.
Alors comme vous pouvez le constater chers lecteurs, c'est une grosse déception surtout que j'étais impatiente de lire ce livre, intéressée par le thème et enthousiaste en voyant les nombreux coups de coeurs des blogueurs pour ce roman. Pour ma part, je suis passée totalement à côté!
