La boîte à lectures!

Surtout des livres et des lectures, mais tout plein d'autres choses aussi!

10 novembre 2009

Et mon coeur transparent - Véronique Ovaldé

voOvaldé, Véronique, Et mon coeur transparent, J'ai Lu, 2009, 221p.

4ème de couverture: Sait-on jamais avec qui on vit ? Lorsque Lancelot apprend la mort de sa femme, qu'il aimait à la folie, son univers s'écroule.
Et il va vivre un a Très Grand Choc Supplémentaire a en découvrant qu'Irina n'était que mystères. Malgré la violence de son chagrin, l'homme décide d'enquêter sur celle dont il ignorait tout, qui posait des bombes, qui était orpheline d'un père bien vivant, celle qui est morte dans la voiture d'un inconnu...


Mon opinion: grosse déception. J'avais lu de nombreuses critiques positives sur la blogosphère sur ce roman de Véronique Ovaldé et je dois dire que je suis réellement déçue par ce que je viens de lire.
Même si l'auteur fait preuve d'imagination, je n'ai pas du tout adhéré à son style et à son intrigue. L'utilisation particulière de la ponctuation, l'usage des répétitions et d'un certain vocabulaire n'ont pas facilité la lecture et m'ont plutôt lassée. L'intrigue décousue, la narration sans relief et incohérente m'ont particulièrement agacée. Surtout que l'idée de départ (un mari perd sa femme et découvre qu'elle menait une double vie), somme toute banale, est intéressante: le lecteur s'attend donc à découvrir l'histoire de cette énigmatique femme en même temps que son mari. Et bien non, on reste totalement sur sa fin! Enfin le personnage principal sans profondeur m'a profondément ennuyée.

Vous l'aurez compris, chers lecteurs, ce roman a été pour moi une grosse déception. Toutefois, j'essaierai quand même de lire un autre roman de cet auteur afin de me faire un avis plus global. 

D'autres avis sur BOB!

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31 octobre 2009

Le Coeur Cousu - Carole Martinez

untitledMartinez, Carole, Le Coeur Cousu, coll Folio, Gallimard, 2009, 442P.

4ème de couverture: Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse...
Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels.
Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

Mon opinion: bien. Au coeur de l'Espagne, à la fin du XIXème siècle, Frasquita reçoit de sa mère une boîte qui renferme un don pour la personne qui l'ouvre. Celui de Frasquita se révèle être celui de coudre. Mais pas seulement les tissus, les hommes et les sentiments également.
Jeune femme, Frasquita donne rapidement naissance à des enfants mystérieux tous porteurs eux mêmes d'un don. Les événements forcent Frasquita à prendre la route avec ses enfants; commence alors une véritable fresque. Le lecteur plonge alors dans cette traversée empreinte d'aventure, de magie, de souffrance mais également d'amour.

Grâce à une plume magnifique, Carole Martinez nous entraîne aux côtés de Frasquita, telle une mère courage, pour qui ses enfants sont sa raison de vivre. C'est l'amour maternel et fraternel qu'explore l'auteur d'une façon très particulière, flirtant à la fois avec le registre du merveilleux et du fantastique, donnant vie à des personnages complexes et attachants. Une véritable fresque familiale puisqu'à la mort de Frasquita, l'histoire continue avec les enfants de la couturière...

Mais je ne vous en dis pas plus, chers lecteurs et je vous laisse découvrir cette fabuleuse histoire!

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03 octobre 2009

Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller - Boualem Sansal

untitledSansal, Boualem, Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller, Coll. Blanche, Gallimard, 2008, 263p.

4ème de couverture: Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand.
Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid...
Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République.
" A ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. " Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.

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Mon opinion: coup de coeur! J'ai été bouleversé par ce roman à tel point que je ne sais comment en parler!

J'ai découvert une écriture, un style magnifiques qui m'ont littéralement séduite. Boualem Sansal manie le récit et les mots avec une grande maîtrise . Je suis vraiment tombée sous le charme de sa plume.
La force de ce roman tient aussi dans sa construction avec le point de vue des deux personnages ( les deux frères Schiller ) et l'imbrication de plusieurs contextes historiques et culturels. Ainsi le lecteur est plongé au coeur des sentiments des deux personnages mêlés à un passé et un présent qui les dépassent. L'un après l'autre les deux frères vont découvrir le terrible secret de leur famille et tenter de vivre avec. De nombreux sujets sont abordés par l'auteur qui nous livre une réflexion riche et profonde autour des thèmes de la culpabilité, de la liberté, des idéologies, ...

J'ai vraiment du mal à critiquer ce roman qui m'a complètement coupé le souffle tant par l'écriture, les sujets qu'il évoque ou encore la force de son intrigue.

Vous l'aurez compris, chers lecteurs, c'est un gros coup de coeur pour moi et je vous recommande chaudement sa lecture!

26 septembre 2009

La Nuit des temps - René Barjavel

untitledBarjavel, René, La Nuit des temps, Coll Pocket, Pocket, 2007, 393p.

4ème de couverture: Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire.
Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace... Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? La nuit des temps, c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et de Paikan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

Mon opinion: bien. A travers une intrigue de science-fiction, l'auteur nous raconte l'histoire des hommes qui peuplaient la terre il y a 900 000 ans (arrivés au degré ultime de la civilisation) et engage une réflexion philosophique sur les questions existentielles de l'humanité: la liberté, la science, les faiblesses humaines... Un seul principe sous tend toute sa réflexion et se trouve au coeur du roman: l'amour mais l'amour absolu au sens large! Par une écriture agréable, le lecteur est littéralement happé par ce récit à la fois romanesque et réflexif. Et c'est là toute la force de ce roman: le mélange des genres entre philosophie et émotion!

C'est avec ce titre que je découvre cet auteur et je dois dire que je ne suis pas déçue! Alors un conseil chers lecteurs, plongez dans le froid glacial et laissez-vous emporter par l'hsitoire d'Elea et de Païkan!

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30 août 2009

Nous vieillirons ensemble - Camille de Peretti

untitledDe Peretti, Camille, Nous vieillirons ensemble, LGF, Le Livre de Poche, 2009, 308p.

4ème de couverture: Dimanche 1er octobre. Une journée comme les autres aux Bégonias, une maison de retraite de la banlieue parisienne. Il est 9 h 15. Nini, la vieille excentrique, attend la visite de sa petite Camille, sous l'oeil attendri et bienveillant de Josy, l'auxiliaire de vie cartomancienne. Louise Alma ressasse quatre-vingt-douze années de souvenirs. Jocelyne Barbier, la bureautière, et Marthe Buissonette, la femme de pasteur, reprennent leur querelle quotidienne.
Robert Leboeuf couvre Thérèse Leduc d'un regard plein d'espoir. Le capitaine Dreyfus prépare sa grande évasion... Et les familles des résidents accomplissent, bon gré mal gré, leur devoir dominical. La vie s'écoule doucement entre joie et souffrance, amitié et solitude, amour et ennui, maladie et envie. Camille de Peretti propose, avec son acuité habituelle, une immersion insolite et bouleversante dans l'univers singulier des maisons de retraite.

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Mon avis : coup de coeur.

Voilà un roman qui a été un vrai coup de cœur ! Camille de Peretti plonge son lecteur au cœur d’un lieu qui évoque pour la majeure partie des gens la mort, l’ennui, la vieillesse : une maison de retraite.

Alors oui ! Camille de Peretti avec son écriture vive et ironique aborde brièvement des questions difficiles comme la dépendance, la démence, la solitude… Mais en aucun cas elle ne bâtit son roman sur ces problématiques. Au contraire à chaque chapitre qui s’attache à un lieu, un moment et un personnage précis, elle nous raconte l’histoire des résidents, leurs sentiments, leurs souvenirs, leurs rapports à leur famille…

C’est touchant, drôle, des fois un peu triste mais c’est avant tout un roman très humain qui raconte la vie !

28 août 2009

No et moi - Delphine de Vigan

no_et_moiDe Vigan, Delphine, No et moi, Le Livre de Poche, LGF, 2009, 248p.

4ème de couverture: Elle avait l'air si jeune. En même temps il m'avait semblé qu'elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu'elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur. D. V. Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde.
Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n'est à l'abri...

Mon opinion: pas mal. Voilà un petit roman qui se lit rapidement. L’intrigue est intéressante et plutôt bien menée. On s’attache à ses deux personnages (Lou et No) qui apprennent à s’apprivoiser et qui découvrent l’une et l’autre la vie sous un autre angle. La construction du roman en opposition est assez intéressante et l’écriture simple mais des fois un peu trop « adolescente » (ce qui est normal me direz-vous étant donné que la narratrice est une ado, mais bon quand même !) rend la lecture fluide.

Le seul bémol dans tout ça, pour ma part, est le côté un peu trop idéaliste et stéréotypé des personnages et de l’intrigue. Certes l’idée est bonne mais le problème de société (une jeune fille SDF) dont parle l’auteur est me semble t-il un peu plus compliqué que la façon dont elle présente.

Pour ma part, à la fin du roman j’ai ressenti un sentiment d’inconsistance. J’ai eu l’impression que les personnages étaient bâclés et les questions soulevées par l’auteur peu approfondies.

En conclusion, un sympathique moment de lecture mais qui me laisse un peu sur ma fin. 

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20 avril 2009

La part de l'autre - Eric Emmanuel Schmitt

la_part_de_l_aurteSchmitt, Eric Emmanuel, La part de l'autre, LGF, Le Livre de Poche, 2006, 503p.

4ème de couverture: 5 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde.

Mon opinion: bien. Certains disent de ce roman qu'il est une u-chronie ( = En littérature, c'est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. On utilise également l’expression « histoire alternative » (alternate history) ou histoire contrefactuelle. L’auteur d’une uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. Source Wikipédia). Il est vrai qu'au regard de la quatrième de couverture, on peut le penser.

Cependant, à la lecture, il me semble que ce n'est pas du tout le but visé par l'auteur. Certes Éric Emmanuel Schmitt part du célèbre jour où Hitler s'est fait recaler à l'entrée de l'Académie des Beaux Arts de Vienne; triste jour qui brisa cet homme fragile et qui est, selon les historiens, un événement marquants qui détermina la vie du Führer. L'auteur déroule alors  l'histoire du vrai Hitler dans toute son atrocité et construit en parallèle la vie d'un jeune homme, Adolf H, futur peintre, qui intègre la célèbre école d'art de Vienne. En parallèle se déroule donc sous les yeux du lecteur la vraie histoire d'Hitler et celle, inventée de toute pièce mais qui aurait pu se produire d'un autre jeune homme.

L'auteur ne base donc pas son propos sur ce qu'aurait été le monde sans l'épisode du nazisme, chose que tout le monde peut aisément imaginée, mais plutôt sur la comparaison de la vie de ses deux personnages. On pénètre dans l'intimité de ces deux personnages et on suit leur parcours à travers un double portrait antagoniste. On a du mal au début à éprouver de la sympathie pour le jeune Hitler alors qu'il n'est encore qu'un jeune homme perdu. il nous est difficile également d'imaginer un autre Hitler, une personne diamétralement opposée. Mais ce procédé permet à l'auteur de mettre en valeur l'importance des événements qui peuvent déterminer notre vie, nos choix et leurs conséquences, et dans un contexte précis la part de notre liberté, de notre libre arbitre?

La question n'est pas de savoir quel élément a déclenché  la folie meurtrière chez Hitler mais plutôt de poser les questions fondamentales qui traversent la nature humaine: la liberté, le déterminisme, la possibilité d'agir de l'individu dans un contexte socio-culturel précis...
Il s'agit également pour l'auteur de nous faire prendre conscience de cette part de l'Autre, si étrange, si énigmatique qui habite notre personnalité; cette altérité qui nous échappe, qui nous fait peur. Tout au long du livre, le lecteur se pose des questions sur ce qu'il pourrait être s' il avait vécu d'autres événements. Notre société, notre époque, notre histoire personnelle, notre environnement social et familial nous façonnent, nous déterminent mais se pose toujours la question de notre capacité à
choisir;  entre déterminisme et individualisme (au sens sociologique).

Alors certes ces réflexions peuvent paraître stériles dans le sens que l'on ne peut pas savoir ce que Hitler aurait été, que tout ceci est pur spéculation...
Mais tout de même il me semble important de réfléchir à ces questions de fond ne serait-ce pour ne pas être dans le jugement et la condamnation voire la négation d'autrui, et surtout rester dans le doute et le questionnement plutôt que d'asséner des certitudes qui peuvent se révéler dangereuses. Reconnaître à l'Autre cette altérité qui nous habite tous, c'est se reconnaître en tant qu'être semblable mais différent, c'est reconnaître l'humain qui est en face de nous même dans sa version la plus criminelle. 

D'autres thèmes sont abordés comme l'amour, l'amitié, l'art, la guerre mais que je ne développerai pas ici par manque de temps mais qui offrent de très belles pages.

Voilà chers lecteurs, peut être êtes vous complètement perdus face à cette critique je vous l'accorde un peu désordonnée, mais j'espère avoir attirer votre attention sur l'intérêt de ce roman! Un roman dérangeant qui nous interroge!

Quelques citations importantes à mon sens et qui résument bien mieux mon propos,  tirées du journal de l'auteur dans lequel il explique sa démarche et les difficultés auxquelles il a été confronté:

" L'erreur que l'on commet avec Hitler vient de ce qu'on le prend pour un individu exceptionnel, un monstre hors norme, un barbare sans équivalent. Or c'est un être banal. Banal comme le mal. Banal comme toi et moi. Ce pourrait être toi, ce pourrait être moi. Qui sait d'ailleurs si, demain, ce ne sera pas toi ou moi? Qui peut se croire définitivement à l'abri? A l'abri d'un raisonnement faux, du simplisme, de l'entêtement ou du mal infligé au nom de ce qu'on croit le bien? [...] Tel est le piège définitif des bonnes intentions. Bien sûr, Hitler s'est conduit comme un salaud et a autorisé des millions de gens à se comporter en salauds, bien sûr, il demeure un criminel impardonnable, bien sûr je le hais, je le vomis, je l'exècre, mais je ne peux pas l'expulser de l'humanité. Si c'est un homme, c'est mon prochain, pas mon lointain. "p477 - 478

"Hitler est à la fois à l'extérieur et à l'intérieur de moi. A l'extérieur dans un passé accompli, dont il ne reste que des cendres et des témoignages. A l'intérieur, car c'est un homme, un de mes possibles, et je dois pouvoir l'appréhender."p479

" Réduire Hitler à sa scélératesse, c'est réduire un homme à l'une de ses dimensions. C'est lui faire le procès qu'il fit lui même aux Juifs. Noircir l'autre pour se blanchir: la pensée même d'Hitler. Et la pensée des gens qui parlent d'Hitler. Blanchir l'humanité en en excluant Hitler. Comme si l'humanité n'était pas spécifiquement humaine. "p500

" Décidément, plus j'avance, plus je découvre que tous les discours sont mus par cette même invisible idée: Hitler est l'autre.
Mon livre sera un piège tendu à cette idée. En montrant qu'Hitler aurait pu devenir autre qu'il ne fut, je ferai sentir à chaque lecteur qu'il pourrait devenir Hitler." p482

"Après l'expérience de ce livre, je me méfierai encore plus des idées simples. A un mal trouver une cause unique, ce n'est pas réfléchir, c'est caricaturer, réduire, tomber dans l'accusation plus que dans l'explication. Après ce livre, je suspecterai tout homme qui désigne un ennemi. Hitler est une vérité cachée au fond de nous mêmes qui peut toujours ressurgir." p503.  

L'avis d' Allie

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06 avril 2009

Tonino Benacquista - La boite noire

la_boite_noireBenacquista, Tonio, La boite noire et autres nouvelles, coll folio, Ed Gallimard, 2001, 123p.

4ème de couverture: Un homme tout juste sorti du coma qui reçoit de l'infirmière la transcription de ses secrets les plus enfouis, de son passé le plus perdu.
Un jeune homme sur les traces d'un amour passé pour exaucer les dernières volontés de son oncle. Un type, un peu paumé, se souvient du temps où il savait arrêter la pluie. Un mari est prêt à tout pour rencontrer sa maîtresse malgré une femme maladivement jalouse. Un journaliste pense réaliser sa meilleure interview et conquérir la femme de sa vie en une soirée. Autant de personnages bien ordinaires, confrontés à des situations extraordinaires, et qui, de petites lâchetés en mensonges minables, se retrouvent fatalement dans une position aussi intenable que réjouissante.

Mon opinion: pas mal! La nouvelle principale La boite noire raconte l'histoire d'un homme, plongé dans un demi coma suite à un accident de la route.
Pendant la nuit où il se trouve dans le coma, il délire laissant ainsi son inconscient se livrer de lui même. Cependant, l'infirmière qui le soigne et le veille toute la nuit, écrit scrupuleusement tout ce qu'il raconte dans un cahier. Lors de son réveil, elle le lui donne en lui disant qu'il a une chance inespérée: celle d'avoir accès à son inconscient. Notre héros parcourt donc l'objet et pénètre ainsi dans les limbes de son inconscient qu'il nomme La boite noire. Il ne comprend pas tout ce qui est écrit et décide de partir en quête de significations, de souvenirs, de percer à jour la part la plus énigmatique de notre être. 
Mais où le mènera cette quête? Voilà une nouvelle avec une intrigue originale, bien ficelée et haletante pour le lecteur! L'écriture de l'auteur est toujours aussi agréable! Dommage que la nouvelle ne soit pas en intégrale dans cette édition car je suis restée un peu sur ma faim en ne sachant pas la fin de toute cette histoire!!!

Les autres nouvelles beaucoup plus courtes sont tout autant intéressantes à lire! On retrouve l'univers de l'auteur avec des personnages intéressants et réalistes par l'humanité qu'ils dégagent, un peu anti héros ainsi que des histoires un brin loufoque mais tellement haletantes!!!

Vraiment un bon moment de lecture!

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19 mars 2009

Naufragée moi même!!

Les_naufrag_s_de_l__le_TromelinFrain, Irène, Les naufragés de l'ïle Tromelin, Michel Lafon, 2009, 371p.

4ème de couverture: Un minuscule bloc perdu dans l'océan Indien.
Cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. C'est là qu'échouent, en 1761, les rescapés du naufrage de L'Utile, un navire français qui transportait une cargaison clandestine d'esclaves. Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble, ils construisent un bateau pour s'enfuir. Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir les chercher.
Quinze ans plus tard, on retrouvera huit survivants : sept femmes et un bébé. Que s'est-il passé sur l'île ? À quel point cette histoire a-t-elle ébranlé les consciences ? Ému et révolté par ce drame, Condorcet entreprendra son combat pour l'abolition de l'esclavage.

Mon opinion: déçue :( J'étais enthousiaste à l'idée de lire cet ouvrage lorsque Suzanne de Chez les filles m'a contactée pour m'offrir ce livre. Le thème du roman, cet évenement historique que je connaissais un peu m'intéressaient véritablement!
Alors quelle fut ma déception à la lecture de ce livre que j'ai même pas réussi à finir! Et le pire c'est que je ne sais pas vraiment pourquoi je ne suis pas du tout rentrée dans ce roman! Il y a un formidable travail de documentation de la part de l'auteur mais à mon sens un peu trop références aux sources. Le style d'Irène Frain n'est pas désagréable, la construction du roman ainsi que la narration sont tout à fait différentes de celles des romans historiques classiques, et malgré tout ça, je ne sais pas, je me suis ennuyée et je me suis moi même noyée au milieu de ce roman qui ressemble plus à un documentaire d'ailleurs!

Tant pis! Les avis très partagés de la blogosphère: Lael, Cathulu, Keisha, Kathel, Katell, et bien d'autres...

Je tiens à remercier Suzanne de Chez les filles et l'éditeur Michel Lafont pour m'avoir offert cet exemplaire!

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27 février 2009

Fresque familiale

Le_soleil_des_ScortaGaudé, Laurent, Le Soleil des Scorta, Actes Sud, coll Babel, 2006, 283p.

4ème de couverture: L'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobre.
A Montepuccio, leur petit village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu'ils appellent "l'argent de New York", leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie.
Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer. Roman solaire, profondément humaniste, le livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l'existence de cette famille des Pouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d'apporter, au gré de son propre destin, la fierté d'être un Scorta, et la révélation du bonheur.

Mon opinion : bien. Sous l’écrasante chaleur de Montepuccio, un petit village du sud de l’Italie, la sueur coule sur le front des Scorta. De la moitié du XIXème siècle jusqu’à nos jours, le talentueux conteur Gaudé nous livre le destin de cette famille tellement mystérieuse. Marquée au fer rouge par un aïeul criminel, dépossédée par leur père, les trois enfants Scorta, Carmela, Domenico et Guiseppe se battent pour survivre et construire une vie remplie de bonheur. Bonheur de transmettre aux générations futures, un nom, une famille, une vie remplie d’expérience mais de secret également.

Le travail à en mourir, l’amour, la famille, tels sont les éléments qui composent le bonheur et le clan des Scorta. La volonté de transmettre un patrimoine tant matériel qu’immatériel, la fierté d’être un Scorta caractérise cette fureur de vivre.

Laurent Gaudé nous livre un roman qui "transpire" l’Italie à toutes les pages. La chaleur suffocante, l’odeur des oliviers, la symbolique de la famille, le courage de ces hommes et femmes transportent littéralement le lecteur. Grâce à cette plume si belle et si personnelle, Laurent Gaudé rend un remarquable hommage à ce pays qu’il aime tant.

A tous les amateurs d’Italie (et à tous les autres aussi), lisez ce roman, vous allez vous régaler !!

PS: je suis de retour pour le week end! Je vais essayer de passer vous voir mais c'est pas gagné!!! Les prochains billets seront envoyés en "pilotage automatique" donc je ne pourrais pas répondre à vos com' tout de suite! :(

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