La boîte à lectures!

Surtout des livres et des lectures, mais tout plein d'autres choses aussi!

02 août 2008

L'immeuble Yacoubian - Alaa el Aswany

couverture_l_immeuble_yacoubian

Egypte

El Aswany, Alaa, L'Immeuble Yacoubian, coll Babel, Éditions Actes Sud, 2004 - 2006 pour la traduction française, traduit de l'arabe par Gilles Gauthier.

4ème de couverture: Construit en plein cœur du Caire dans les années 1930, vestige d'une splendeur révolue, l'immeuble Yacoubian constitue un creuset socioculturel très représentatif de l'Egypte du XXIe siècle naissant.
Dans son escalier se croisent ou s'ignorent Taha, le fils du concierge, qui rêve de devenir policier ; Hatem, le journaliste homosexuel ; le vieil aristocrate Zaki, perdu dans ses souvenirs ; Azzam, l'affairiste louche aussi bigot que lubrique ; la belle et pauvre Boussaïna, qui voudrait travailler sans avoir à subir la convoitise d'un patron. Témoin d'une époque, Alaa El Aswany pose, sans juger, un regard tendre sur des personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège, celui d'une société dominée par la corruption politique, la montée de l'islamisme, les inégalités sociales, l'absence de liberté sexuelle, la nostalgie du passé.
Mais ce roman n'aurait pas conquis un tel nombre de lecteurs dans le monde entier s'il se contentait d'évoquer l'Egypte au tournant du millénaire : en digne héritier d'un DostoïevskiDostoïevski comme d'un Zola ou d'un Mahfouz, c'est bien de l'homme que nous parle Alaa El Aswany, de ses vices et de ses faiblesses, de ses rêves et de ses échecs, et le miroir qu'il tend, pour indulgent qu'il soit, n'en est que plus effrayant

coups_de_coeur_2

Mon opinion: coup de coeur. Il m'est bien difficile de parler de ce roman tant il est riche, intense... Donc pardonnez-moi chers lecteurs si cette critique vous paraît informelle et confuse... mais je vais vous livrer pèle mêle mon ressenti vis à vis de ce roman.

Pour commencer, l'auteur (que je ne connaissais pas ) réussit véritablement à nous transporter  en Egypte dans ce quartier populaire du Caire où se trouve cet immeuble si singulier. Singulier par son architecture qui fût l'un des joyaux du Caire au début du XXème siècle mais surtout par les habitants qui s'y côtoient. Car toute la force et la richesse de ce roman tient là.  Alaa el Aswany par la magie de ses mots, nous dépeint le quotidien de plusieurs personnages et nous fait vivre le temps d'un roman, dans la culture, la vie égyptienne dans toute sa beauté mais également ses faiblesses.
On y rencontre Taha Chazli, jeune homme brillant et travailleur dont le rêve est de devenir policier; Boussaïna, sa petite amie, dont la subsistance de sa famille repose sur ses épaules et qui tente par tous les moyens de vivre ou plutôt de survivre sans perdre sa dignité de femme; Hatem, journaliste homosexuel vivant, son amour pour les hommes, caché, dans l'ombre; Zaki, l'aristocrate déchu lors de la révolution et qui se noie dans la nostalgie et ses souvenirs; Azzam, l'homme d'affaire lubrique, dont les appétits sexuels sont sans bornes...
Tous sont très différents, partagent le même immeuble mais représentent en partie la société égyptienne. A travers les parcours de tous ces personnages, l'auteur nous dresse le portrait de l'Egypte, mais surtout nous raconte la nature humaine. Tel les naturalistes, Alaa el Aswany, nous montre les sentiments humains les plus profonds, les plus beaux mais également les plus abjects: le mensonge, la corruption, la cupidité... L'auteur nous livre des personnages d'une grande complexité, d'une grande richesse, déchirés entre leurs convictions et la réalité de la société...
La force de ce roman tient donc dans l'écriture de l'auteur qui nous transporte véritablement dans une autre culture, un autre pays avec une telle force que l'on a l'impression d'y être; mais également dans la manière très nuancée de raconter ces histoires, sans jugement, sans préjugés, sans idéalisme. L'auteur critique certains aspects de la société égyptienne ( prostitution, rigorisme religieux, corruption, manque de démocratie, de liberté sexuelle...) avec justesse sans tomber dans la caricature.

Ce roman intense ne se limite pas à dresser un portrait de l'Egypte mais s'attache à montrer les aspects de l'âme humaine avec habileté et justesse tout en réussissant à nous transporter véritablement au coeur de la culture égyptienne. Dépaysement et réflexion se mêlent à merveille sous la plume d'Alaa el Aswany, qui nous livre ici un roman magnifique.

Alors vous l'aurez compris chers lecteurs, lisez le!!!

Les avis de: Betty, Florinette, et pleins d'autres, vous pouvez laisser les liens en com'!


Petites boîtes

    Je l'ai feuilleté quelques fois quand je cherchais des livres pour "Afrilire"... et j'ai alors failli l'acheter pour moi. Je crois qu'après ton billet, je vais le faire!!!

    Posté par Karine, 03 août 2008 à 00:24
  • Je partage ton avis , sans le coup de coeur. C'est un portrait de l'Egypte, il me semble, assez nuancé. A lire vraiment pour la découverte d'une ville, de ses habitants et d'un auteur...

    Posté par betty, 03 août 2008 à 19:31
  • Ohhhh... je veux trop le lire celui là!! Depuis le temps qu'il est sur ma LAL

    Posté par hamnessa, 03 août 2008 à 22:20
  • Comme Karine, j'ai souvent feuilleté ce roman dans les librairies.. sans me risquer à l'acheter. Position à revoir, donc!

    Posté par sybilline, 05 août 2008 à 21:38
  • il a effectivement l'air detre très bien!! en tout cas il m'interesse, tu donnes l'eau à la bouche!!!! je le note et en plus ca me fera revivre quelques souvenirs que j'ai eu au Caire!!!

    Posté par lael, 08 août 2008 à 05:42
  • passionnant, je l'avais lu d'une traite !

    Posté par liliba, 01 septembre 2008 à 16:15
  • Dans un style assez sobre, l'auteur parvient à décrire les différentes facettes de l'Egypte contemporaine. Vraiment très bon roman.

    Posté par Nicolas, 24 juin 2009 à 12:51

Poster une petite boîte